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La démarche de Myriam Schryve s'inscrit dans une volonté de témoignage : rendre visible ce qui, dans l'expérience humaine, vacille, se fracture, puis se reconstruit.

Son travail, articulé en différentes séries, explore la notion de résilience comme une dynamique intérieure — à la fois intime et universelle. L'artiste part d'un constat fondamental : toute existence est traversée par des ruptures, des carrefours décisifs qui interrogent la solidité de nos choix et l'équilibre d'un quotidien jusque-là rassurant. Pourtant, loin de s'y enfermer, Myriam Schryve en révèle la puissance transformatrice. La faille devient passage. La fêlure, une force.

« Il existe une beauté propre aux cicatrices, une dignité des formes éprouvées. »

Chacune de ses toiles naît d'un dialogue prolongé avec la matière. Ce qui frappe d'abord, c'est une attention obstinée aux surfaces : plis, tensions, strates, cicatrices. Rien n'est lisse, rien n'est décoratif. La matière porte les traces d'une épreuve — mais jamais comme une fin en soi. Là où d'autres chercheraient à masquer l'irrégularité, elle la révèle, l'accompagne, la transforme en force silencieuse.

La lumière, souvent discrète, agit comme une lueur persistante : elle n'efface pas l'ombre, mais apprend à cohabiter avec elle. Par un geste presque réparateur, l'artiste rassemble, relie, rééquilibre. Son œuvre ne s'impose pas — elle s'éprouve. Elle ne se livre pas d'un seul regard ; elle se découvre dans la durée.


Sa récente série « Réflexion » incarne pleinement cette recherche : les toiles deviennent des surfaces de résonance plutôt que de simples miroirs. Elles n'y renvoient pas une image figée, mais ouvrent un espace où chacun rencontre son propre paysage intérieur. Selon la lumière et l'instant, l'œuvre se transforme et accueille une pluralité de narrations.

Son approche, nourrie par un engagement humain attentif aux fragilités, irrigue l'œuvre d'une éthique de la délicatesse : il ne s'agit jamais d'exposer, mais de comprendre et de rendre sensible. Sa peinture se déploie ainsi comme une exploration des dualités — force et fragilité, ombre et clarté, chute et redressement — et affirme, avec une confiance discrète, que toute fracture peut contenir une lumière.

L'art devient alors un acte de présence au monde, un lieu de transformation où la retenue se fait puissante, poétique, et la vie espace de renaissance.